Projets

Le Laboratoire interdisciplinaire d’études latino-américaines est structuré autour de deux axes pour ses activités :

(1) L’Observatoire des pratiques citoyennes en Amérique latine

Cette région est devenue, depuis déjà une vingtaine d’années, un véritable laboratoire d’expérimentation démocratique et d’innovations dans le domaine de la mobilisation citoyenne. Des forums sociaux aux budgets participatifs, des « zapatistas » aux « piqueteros », du « nouveau constitutionnalisme » (qui expérimente avec la démocratie directe, la plurinationalité, la protection des écosystèmes) au « virage à gauche », de multiples phénomènes ont attiré l’attention du monde entier, surtout en ce qui concerne le défi de repenser les assises de la légitimité politique, de réinventer les formes de la participation et de bâtir des institutions plus inclusives et plus égalitaires. Les études sur la mobilisation sociale sont très développées au Québec – et, notamment à l’UQAM – ce qui offre des opportunités intéressantes de collaboration et de comparaison.

(2) Le chantier de recherche sur la « latino-américanité » en mouvement

La définition d’études latino-américaines que nous proposons s’inscrit dans un tournant transnational des études régionales, ce qui implique l’inclusion, comme objet d’analyse, des processus migratoires et diasporiques qui concernent les Latino-américains. Il est, en fait, possible de parler d’une « latinité » ou « latino-américanité » émergente qui se déploie à l’échelle panaméricaine, cela à la faveur de la remise en cause des cadres nationaux (à l’externe, par les dynamiques d’intégration régionale et mondialisation et. à l’interne, par la reconnaissance du pluralisme ethnoculturel) et par la croissante « latinisation » des États-Unis (en raison du poids démographique de la population dite « hispanique »). Même si moins touchés directement (du moins pour le moment), le Québec et le reste du Canada ne sont pas à l’écart de telles dynamiques.

(3) L’histoire transnationale des Amériques

Cet axe de recherche entend contribuer à l’avancement des connaissances en histoire transnationale des Amériques et en histoire intellectuelle de l’américanité. Il explore l’émergence au vingtième siècle de consciences et d’expressions politiques et culturelles du panaméricanisme (et autres projets d’unité hémisphérique) issues de dialogues nord-sud entre acteurs non étatiques. Par l’emploi d’approches culturelle et transnationale, les chercheurs qui participent à cet axe tentent d’évaluer – et de révéler – le rôle que la société civile a joué au sein du développement des affaires internationales dans les Amériques ainsi que dans les mouvements de résistance face au Panaméricanisme officiel de Washington. Un volet de cet axe examine plus spécifiquement la place qu’occupe le Canada et le Québec dans le développement et l’évolution des liens interaméricains entre les mouvements sociaux et politiques nord-sud avec l’Amérique latine.